Notre unité nationale est aujourd’hui en lambeaux. Le fonctionnement de notre démocratie est désormais fondé sur le conflit, la manipulation, le rapport de force, y compris pour l’élaboration des lois. Le communautarisme grandissant, les groupuscules de « casseurs », l’islamisation, le terrorisme, l’immigration clandestine, de nouvelles idéologies, mais aussi le décrochage entre métropoles et zones rurales, le développement de l’illettrisme, la paupérisation d’une partie croissante de la population, contribuent fortement à la « déconstruction » de notre nation. Cette situation potentiellement dramatique résulte essentiellement de la tyrannie exercée collectivement depuis 50 ans par les partis et leurs idéologies sur la souveraineté du peuple et sur la France elle-même.
Si nous ne prenons pas très rapidement les mesures nécessaires pour arrêter ce phénomène et lancer un processus de réunification nationale, nous risquons tout simplement de voir éclater la France.
Parmi les mesures à prendre d’urgence pour éviter le pire qui se profile, il faut définir et adopter des références pérennes s’imposant à tous ceux qui vivent sur le territoire national – et d’abord aux partis politiques! – afin d’établir fermement des repères qui seront, dans la durée, un véritable ferment d’unité et de paix.
Pour l’élection présidentielle de 2017, j’ai proposé à cette fin l’adoption de La Grande Charte de France en tant que nouvelle forme juridique supérieure à tout texte, même européen. Cette proposition reste valide pour 2022.
Fondée sur l’être profond de notre pays, La Grande Charte de France précise l’identité et la vocation de la France et les fondamentaux politiques qui en découlent, définit les missions que l’État reçoit de la nation et les principes essentiels de toute action politique. Votée par référendum article par article, elle ne sera modifiable que par référendum. Comme la Déclaration des droits de l’homme, elle ne pourra pas être abrogée.
Un Conseil de La Grande Charte de France sera constitué. Nommé par le président de la République et placé auprès de lui, il représentera la nation dans sa diversité sociale, professionnelle, philosophique et religieuse. Il sera composé de citoyens recrutés en fonction de leurs compétences reconnues dans les divers domaines abordés par La Grande Charte de France. Il sera renouvelé par tiers tous les ans et présidé par un membre du Conseil élu par ses pairs à bulletin secret sans candidatures, pour un mandat de deux ans.
Le Conseil pourra émettre tout avis et proposition, de son initiative ou sur demande du président de la République, sur :
– le respect et la promotion de la souveraineté de la nation ;
– la conformité à La Grande Charte de France de toute loi en vigueur et de tout projet de loi, d’ordonnance ou de décret avant examen en Conseil d’État ;
– d’éventuels approfondissements de La Grande Charte de France, qui ne pourront être adoptés que par référendum initié par le président de la République.
Tous les avis et propositions du Conseil seront pris à la majorité par vote à bulletin ouvert.
En outre, le Conseil aura pour missions :
– de réaliser tout audit qu’il jugera nécessaire dans les établissements scolaires, entreprises, etc. pour vérifier la conformité de ces entités à La Grande Charte de France et proposer au chef de l’État toute mesure nécessaire ;
– de susciter des chartes éthiques conformes à La Grande Charte de France pour l’action politique, sociale, économique, culturelle et cultuelle ;
– de diffuser dans tous les secteurs de la vie nationale la connaissance et l’esprit de La Grande Charte de France ;
– de susciter l’équivalent de La Grande Charte de France en Europe et dans le monde, comme facteur d’unité, d’amitié et de fraternité entre les peuples.
Ses séances seront publiques et ses avis rendus publics.
Général Didier Tauzin